Réunion publique Genève sur l'Europe féministe

Photo genèveCher.e.s ami.e.s, cher.e.s camarades,

Merci à Halima pour avoir organisé cette belle journée.

Merci à toutes les candidates : Murielle, Dieynaba, Sybille, Cécilia, Sadia, Kenza et Anaîta d’avoir fait le déplacement.

C'est un événement important pour tracer les frontières d'une Europe telle que nous la souhaitons, c'est-à-dire une Europe puissante et exemplaire. Une Europe qui soit une référence en matière d'égalité des droits dans tous les domaines, notamment entre les hommes et les femmes.

Ce qui me tient particulièrement à cœur, c’est la question de la place qu’occupent les femmes en politique, une question qui fait souvent lever les yeux des hommes au ciel.

Il fut un temps, lors des élections européennes où François Mitterrand était tête de liste, où une seule femme faisait partie des 20 premiers candidats : Yvette Roudy, en quelque sorte pour solde de tout compte.

Il n'est pas si loin le temps où les femmes devaient manifester lors des congrès du PS pour protester contre le refus de certains d'accepter la parité.

Rappelons-nous aussi qu'il fut une époque où c’était tellement insupportable pour certains que Michel Rocard impose des femmes sur une liste aux élections européennes qu'ils ont qualifié cette liste de "liste chabadabada".

Souvenons-nous que lors de la mise en place de la parité, certains hommes de gauche, et parfois très à gauche, se disaient "la génération sacrifiée", oubliant que les femmes étaient sacrifiées depuis des générations.

Pourtant, les femmes en Europe ont conquis leurs lettres de noblesse en politique avec des figures comme Simone Veil ou Nicole Fontaine à la présidence du Parlement européen. Mais la parité ne suffit pas.

Je considère que la quête de l’égalité repose sur deux aspects : les places et les fonctions.

On a accordé aux femmes des places, soit par la parité, soit grâce aux binômes comme lors des élections départementales. Mais les meilleures circonscriptions restent souvent réservées aux hommes.

Concernant les fonctions, les postes régaliens au gouvernement sont principalement attribués aux hommes.

Il y a deux revendications qui me tiennent à cœur :

  1. L'égalité dans les fonctions.
  2. La proportionnelle paritaire.

Comment se fait-il que l'on parle de la proportionnelle sans aborder la parité dans ce contexte ? Dans l'excellent texte de la convention femmes du PS, nous avons commencé à avancer dans cette direction.

Oui, il faut une véritable parité, c'est-à-dire une parité dans les fonctions et dans toutes les élections.

Cher.e.s ami.e.s, l'enjeu est de taille lors de ces élections européennes, face à la vague nationaliste qui déferle sur l'Europe.

Ce n'est pas un hasard si le nationalisme n'est pas féministe. Si l'extrême droite et une grande partie de la droite se sont opposées aux droits des femmes, notamment sur l'avortement et la lutte contre les violences faites aux femmes, nous, nous voulons une Europe féministe, car nous pensons que l'Europe sera féministe ou ne sera pas.

On ne peut pas proclamer que l'Europe est le continent de l'État social tout en la privant des droits des femmes.

C'est pourquoi notre combat avec Raphaël Glucksmann est pour que le droit à l'IVG et à la contraception soit inscrit dans la Charte des droits fondamentaux. Nous connaissons les réticences de la droite extrême en Pologne, en Italie, en Hongrie, etc., sur ce sujet. Mais nous ne devons pas céder malgré les difficultés.

C'est aussi pour cette raison que nous devons tout faire pour que notre combat pour l'adoption d'une définition commune du viol à l'échelle européenne, fondée sur la notion de consentement, devienne le combat de toutes les Européennes. C'est une avancée fondamentale qui en annoncera d'autres.

Voilà mon idéal pour une France et une Europe féministes.

Cet après-midi, nous allons explorer dans les ateliers tous les domaines où le combat des femmes est urgent. Ne délaissons ni la place des femmes en politique ni celle des femmes en Europe, que je considère comme les nouvelles frontières du féminisme.

Mes Propositions :

  1. Création d'un observatoire européen sur l'égalité des genres :
    • Mettre en place un organisme indépendant chargé de surveiller et d'évaluer les progrès en matière d'égalité des genres dans les institutions européennes. Cet observatoire publierait des rapports réguliers et proposerait des recommandations.
  2. Renforcement des mesures de lutte contre les violences faites aux femmes :
    • Créer un fonds européen spécifique pour soutenir les initiatives locales et nationales de prévention et de lutte contre les violences faites aux femmes. Ce fonds financerait des campagnes de sensibilisation, des centres d'accueil et des formations pour les professionnels.
  3. Programme de mentorat pour les femmes en politique :
    • Établir un programme de mentorat au sein du Parlement européen, où les femmes élues pourraient bénéficier de l'expérience et des conseils de leurs homologues plus expérimentées. Ce programme favoriserait le développement du leadership féminin.

Retrouvez notre programme ici

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